Presse

Benoit Piret, FlichArts

Communiqué de presse

100 Titres

2, rue Alfred Cluysenaar

1060 Bruxelles

Tel. : 0497 72 97 04

100titres@gmail.com

www.100titres.be

 

Benoit Piret

FlichArts

8 octobre – 27 novembre / du jeudi au dimanche de 14 à 18h.

vernissage / vendredi 7 octobre de 18 à 21h.

finissage / vendredi  25 novembre de 18 à 21h. (avec des œuvres de Benoit Piret exposées de juillet à début novembre aux Musée Champollion – Ecritures du Monde à Figeac (France) 

A l’occasion de l’exposition sortie d’un livre intitulé FipchArts, coédité par 100 Titres et Yellow Now (88 pages, 4 couleurs, avec des textes français, néerlandais et anglais d’Anaël Desablin, Alain  de Wasseige et Claude Lorent). 

En fin de séminaires organisés par des entreprises, cet artiste a recueilli les feuilles de « flipchart » au format 100 x 70 avec leur quadrillage imprimé et leurs six trous en haut de page qui ont servi aux exposés et échanges de vues. Tout en conservant textes, chiffres et schémas originaux réalisés à l’aide de marqueurs rouges, verts, bleus ou noirs (dans ses dernières œuvres il a récupéré des feuilles où les intervenants avaient placés de post it sur lesquels figurent des mots qu’ils considèrent comme « phares ») L’artiste intervient ensuite avec un travail plastique qui tient à la fois de l’esprit du pochoir caractéristique du street art et de la pixellisation propre à la  numérisation des images. En confrontation avec le langage issu du marketing, Benoit Piret superpose, en noir ou en couleurs, de tout autres repères, issus de la nature, des tragédies du monde, des illustrations anciennes ou plus récentes ou encore des portraits d’artistes. Ensuite, il effectue, à l’aide d’écoline, une sorte de dripping, qui renforce le lien paradoxal entre support initial et images peintes.
Si l’opposition et les tensions entre art et entreprise n’est pas nouvelle dans la création contemporaine, l’originalité de la démarche de Benoit Piret réside dans le fait de s’emparer d’un pur produit des logiques de commercialisation, de s’inspirer ensuite du propos qui y est évoqué et schématisé pour choisir des groupes d’images venus en opposition à ce propos, détournant celui-ci de ses finalités avant de titrer parfois le nouvel ensemble créé. Outre le fait de nous contraindre à ne pas se tromper de propos, ce titre ajoute une dimension supplémentaire : une signification non explicitement induite par le rapport texte / image qui force le regard vers un tout autre univers que celui qui a servi de matrice.

Ce qui frappe dans ce travail qui s’appuie sur l’antagonisme des références c’est non seulement la contradiction existante entre démarches entrepreneuriales et démarches artistiques mais surtout la paradoxale cohérence graphique qui s’installe entre les unes et les autres. Cohérence si parfaite qu’entre support et intervention artistique un nouvel équilibre s’est créé au point de ne pouvoir ni dissocier le « dessus » du « dessous », ni identifier quand et où l’artiste est intervenu. Après ou avant les mots et les schémas des formateurs et des communicants ? Et pour jeter davantage le trouble et nous obliger à entrer dans une lecture à plusieurs niveaux de ses œuvres, il arrive que Benoit Piret, notamment dans ses travaux les plus récents, ajoute des mots et des fragments de phrases de son cru, réalisés dans des graphies semblables à celles qui lui ont servi d’appui, accroissant encore la tension entre chacun des propos. Parti de deux prétendues évidences : celle des mots « martelés - marketés » et celle des images communiquées, formant une sorte d’oxymore, l’artiste allie ces intensités que tout oppose pour créer une œuvre faite à la fois de force, de subtilité et d’une étrange familiarité.
Non content d’avoir recours à une seule feuille de « FlipchArt », Benoit Piret réalise aussi des grands formats formés de deux, trois ou même quatre « FlipchArts » mis côte à côte des feuilles provenant, d’une même session de formation / communication. Quelques fois, l’artiste découpe telle ou telle feuille de « flipchart ». Il en extrait des A4 et met en route le même processus que pour les autres formats. Mais, dans ce cas, le sens du texte initial, l’apport des chiffres et des schémas se voit réduit à l’un ou l’autre mot ou perd de son importance au profit de sa dimension graphique.

L’exposition, présente les FlipchArts récents de Benoit Piret regroupés autour de trois thèmes : nature, détresses du monde et illustrations. Elle est complétée par un ensemble de Tondos (peintures sur toile) où l’artiste s’attache aux portraits des personnalités auxquelles il s’oppose (traitées en noir)  et aux portraits de celles qui ont ses préférences (traitées en rose).

 

Alain de Wasseige